Flavio Bolsonaro sort de son avion à l'aéroport d'Opa Locka près de Miami, en Floride, le 28 octobre 2026, aux États-Unis ( AFP / Ricardo ARDUENGO )
Les gouvernements de Donald Trump et de Javier Milei sont sommés d'expliquer le rôle de leurs pays dans la fuite de Flavio Bolsonaro qui, après sa défaite électorale au Brésil, a fui vers les Etats-Unis via l'Argentine.
L'ex-candidat conservateur Flavio Bolsonaro, 45 ans, est arrivé en Floride (sud-est des Etats-Unis) à bord d'un jet privé mercredi, au terme d'un périple rocambolesque passant par l'Argentine et l'Equateur.
Le fils de l'ancien président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro a été battu au second tour de l'élection présidentielle par le président sortant de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, qui a réussi une remontada surprise.
Le sénateur brésilien Flavio Bolsonaro descend d'un avion après son arrivée à l’aéroport d’Opa-locka à Miami, le 28 octobre 2026 en Floride ( AFP / Ricardo Arduengo )
Le candidat malheureux avait vu ses passeports annulés par la justice brésilienne dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de blanchiment d'argent.
Il n'a pas reconnu sa défaite, criant à la "fraude électorale" malgré les démentis de son propre camp et de la justice électorale. Il prétend "diriger l'opposition" depuis son exil américain.
Insultes
Jeudi, le ministère brésilien des Affaires étrangères a convoqué la représentante de l'ambassade d'Argentine à Brasilia pour qu'elle "donne des explications" après le passage de Flavio Bolsonaro par le territoire argentin.
La rencontre avec la chargée d'affaires argentine relève d'une "procédure habituelle", a indiqué vendredi une source diplomatique brésilienne sous couvert d'anonymat.
Mais dans la foulée, le ministre argentin des Affaires étrangères Pablo Quirno a démenti qu'il y ait eu "demande d'explications" de la part du Brésil.
Selon la direction argentine des migrations, le fils Bolsonaro a embarqué mardi soir dans un avion privé à Puerto Iguazu (nord-est), 40 minutes après être entré en Argentine par voie terrestre depuis la toute proche frontière brésilienne.
Un haut responsable du gouvernement argentin a réfuté une quelconque irrégularité dans son passage.
Le sénateur, qui avait vu ses passeports brésilien et diplomatique annulés, a embarqué avec un passeport italien à son nom, selon un document de vol consulté par l'AFP.
Brasilia a rappelé son ambassadeur et rétrogradé ses relations diplomatiques avec Buenos Aires il y a quelques mois, après les insultes répétées de Javier Milei, qui a qualifié Lula de "voleur" et de "corrompu".
Le président ultra-libéral argentin est l'un des alliés de Donald Trump en Amérique latine.
Jeudi, le président américain a affirmé que l'élection brésilienne était "une honte pour le peuple brésilien".
"Moments difficiles"
Donald Trump lors d'un rassemblement de campagne pour les élections de mi-mandat à l'aéroport de Sioux City, dans l'Iowa, le 22 octobre 2026 ( AFP / Kent NISHIMURA )
Un groupe de parlementaires démocrates a demandé à l'administration Trump de fournir des explications sur la fuite de Flavio Bolsonaro, selon une lettre diffusée vendredi par l'une des signataires, la députée Sydney Kamlager-Dove.
"La question centrale est simple: le Département d'État, l'ambassade des États-Unis au Brésil ou toute autre agence du gouvernement américain ont-ils aidé le sénateur Bolsonaro à voyager aux États-Unis ou à entrer dans le pays (...) ?", peut-on lire dans cette lettre.
La défaite de Flavio Bolsonaro a sonné la droite brésilienne, qui croyait la victoire à portée de main après être arrivée en tête au premier tour.
Vendredi sur le réseau social Instagram, l'ancienne première dame Michelle Bolsonaro a évoqué "des moments difficiles".
L'ex-président Jair Bolsonaro, à droite et son fils Eduardo Bolsonaro à gauche, le 14 novembre 2018, à Brasilia, au Brésil ( AFP / Sergio LIMA )
Son mari, Jair Bolsonaro, est assigné à résidence à Brasilia après avoir été condamné à 27 ans de réclusion pour tentative de coup d'État après sa défaite électorale face à Lula en 2022.
"Mon mari souligne que l'heure est à l'union et non à chercher des coupables", a ajouté Michelle Bolsonaro, élue sénatrice début octobre.
Evoquant l'ancien président, elle a utilisé l'expression "notre leader".
Mercredi, peu après son arrivée aux Etats-Unis, Flavio Bolsonaro s'était présenté comme le véritable "leader" du Brésil dans une lettre publiée sur les réseaux sociaux.
Cette lettre a suscité la réprobation dans son pays, jusque dans son camp.
Jeudi, le président du Parti libéral, la formation de la famille Bolsonaro, a affirmé que "personne n'approuvait" la lettre du sénateur. Il venait de rendre visite à Bolsonaro père.

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